« Elle est le vent furieux » est un recueil de nouvelles édité par Flammarion que j’ai eu la chance de gagner auprès de Cindy Van Wilder. Qu’on se le dise ; c’est un régal. Et une harmonie incroyable entre les autrices, qui prêtent chacune à leur façon leur voix à la nature. Vous êtes prêts pour cette quatrième chronique ? C’est parti !

Informations générales

Je vous mets les données que j’ai directement trouvé sur le site de Flammarion.

Chroniquons les nouvelles

« Qui sème le vent Colère » de Marie Pavlenko

Cette nouvelle a déjà fait l’objet d’une première publication dans Bifrost. On y suit le trajet d’une vieille dame en guenille à travers une ville qui n’est pas nommée. La description qui en est faite pourrait faire penser à Paris. Les gens cachent leurs imperfections sous des couches de maquillage, sont agressifs. Ils polluent les rues et enferment les arbres dans les cages. Ils les abattent, sous le regard de cette vieille dame qui se promène avec une petite souris dans sa poche.

Cette nouvelle est la porte d’entrée au recueil et après avoir reposé le bouquin, un court instant, la sensation que j’ai eu était la suivante : les autrices ne vont pas ménager le lecteur. Peut-être y’aura-t-il des messages d’espoirs ? Peut-être pas ? Quoi qu’il en soit, l’Humanité ne sera pas mise à l’honneur !

C’est la puissance de la Nature et sa voix qu’on suivra au travers des six autres nouvelles qui composent le recueil. Et bon sang, la plume de l’autrice est une véritable gifle (j’ai lu cette nouvelle deux fois, j’avoue).

« Monkey Palace – La revanche des singes » de Sophie Adriansen

Ou un autre aperçu de ce que pourrait être le point de départ de la planète des singes. Une petite nouvelle fort sympathique, que j’ai trouvé moins percutante que la première. Or, le message reste le même ; nous prenons trop de place, nous ne respectons rien et cette fois, ce sont les singes qui nous refoulent. La chute de la nouvelle est pas mal du tout ! J’ai dû la relire deux fois pour être bien certaine de ce que j’avais lu. Nous sommes dépeints comme suffisants, incapables de comprendre notre impact sur l’environnement. Et la nature, déjà, commence à se rebeller.

L’autrice a un style très percutant, pas tout à fait un coup de poing, mais presque !

« Nos corps végétaux » de Coline Pierré

Troisième nouvelle de « Elle est le vent furieux », et, cette fois, l’acceptation de soi au travers de la nature est mise à l’honneur. Effectivement, Assia et Solveig sont deux étudiantes qui se réveillent un jour en découvrant que des plantes poussent sur leur corps. Assia vit très bien sa transformation. En effet, elle l’accueille avec une certaine fascination. Cependant, ce n’est pas du tout l cas de Solveig, pour qui c’est un enfer ! Urticaire, démangeaisons… En bref ! Un calvaire !

Pourtant, c’est une résolution plus douce qui est proposée, par rapport aux nouvelles précédentes. En fin de compte, on arrive (peut-être) à un tournant dans l’évolution des mentalités de ce recueil. Il semblerait que les humains commencent à comprendre que la nature fait partie d’eux !

La plume de l’autrice est vraiment très agréable à lire. Il s’agit d’un style simple, que j’ai trouvé efficace, pas trop surfait.

« Extinction Game » de Cindy Van Wilder

Ou un vague aperçu d’un Hunger Games à échelle mondiale avec Gaïa comme maîtresse du jeu. Et elle seule sait comme elle peut être cruelle ! Comment réagirions-nous si la Nature se retournait contre nous, alors qu’elle nous entoure ? Les possibilités semblent se réduire. Mais, la nouvelle de Cindy n’est pas sans espoir et Gaïa pourrait bien être plus magnanime que prévu !

J’ai beaucoup aimé cette lecture, avec le petit suspens final où on se demande si Gaïa va écouter ou pas. Cindy arrive très bien à jongler entre les différents points de vue des protagonistes. J’ai adoré (comme toutes les autres pour le moment) cette quatrième nouvelle de « Elle est le vent furieux ».

« Naître avec le printemps, mourir avec les roses » de Marie Pavlenko

On retrouve Marie Pavlenko pour une deuxième nouvelle tirée de sa plume. Toujours aussi incisive, on découvre avec effroi en même temps que Vadim et Maxine que le printemps n’est pas arrivé. Triste rappel d’une réalité où on attend les hivers de nos enfances, ou juste les saisons que nous avons connues. Cependant, la disparition de ce printemps pourrait n’être que le début du cauchemar ; nous faisons face à la possibilité que la disparition de ce printemps n’apporte que le début de la désolation ; se battre pour des provisions, se retrouver surveillés et épiés par nos gouvernement pour éviter des émeutes… comme un amer rappel d’une réalité que nous avons effleuré il y a peu.

« Sauvée des eaux » de Marie Alhinho

Sauvée des eaux est complexe ; par son format, par le thème abordé. Elle m’a laissée un souvenir moins marquant et j’ai du m’y reprendre à plusieurs fois pour la lire. Je pense, très sincèrement, que c’est la mise en page qui ne m’est pas du tout accessible car, malgré les difficultés, je l’ai quand même apprécié. On y parle encore de survie, de lutte, et je crois même qu’il y a une référence à une probable guerre de l’eau potable (le jerricane d’eau que le personnage serait prêt à ne pas partager parce que c’est « son eau »).

« Le récit recyclé » de Flore Vesco

Une de mes préférées ! Vous prenez toutes les nouvelles précédentes, d’autres textes Candide de Voltaire ou Germinal de Zola, vous les mixez et vous en faites un récit original ! J’ai adoré m’amuser à chercher les références des autres nouvelles, à relire quand je me doutais que j’en avais sauté une. Pour le coup, je ne vais même pas vous expliquer quoi que ce soit, rien que pour le plaisir que vous pourriez avoir en découvrant cette nouvelle !

« Qui sème le vent Espoir » de Marie Pavlenko

Cette nouvelle conclut le recueil. On y retrouve la vieille dame du début, qui observe les résultats, peut-être, de toutes les autres histoires précédemment racontées. Elle espère, comme nous, que le message est bien passé : la Nature peut s’avérer furieuse, violente mais magnanime si on prend soin d’elle.

Un recueil à lire !

J’ai pris plaisir à le (re)lire plusieurs fois, de bout en bout, dans tous les sens ! Chacune des autrices a son style, sa personnalité, mais le tout se marie très bien. « Elle est le vent furieux » peut se lire facilement en une soirée. J’espère que cette chronique sur ce recueil de nouvelles vous convaincra de le lire !

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