Faire la transition de la fanfiction à l’univers original… Tout un défi ! En tout cas,bienvenu sur ce premier article qui concerne l’univers d’Éphémérides Astrales. Afin de pouvoir vous en parler, je me suis dit qu’il n’y aurait pas meilleur format que celui-ci.

Quelle est la meilleure façon de rentrer dans cette série que parler de mon expérience sur la transition entre une fanfiction et un univers original. Attention, il ne s’agit que d’un ressenti, je n’ai pas parole d’évangile !

Je suis une fan de la dernière heure de la licence Mass Effect, de BioWare. Je suis entrée dans la communauté fin 2016, période où j’ai poncé les trois jeux avec un plaisir non feint.

Mais quand est arrivé le moment du choix final, je me suis retrouvée pleine d’une émotion un peu étrange. Ce n’est pas tout à fait comme si je me sentais abandonnée, mais j’étais vide. Plus de 100 heures de jeu pour voir mon personnage mourir pour une cause plus grande qu’elle. oui, sachez que Shepard est et sera toujours une femme chez moi.

Le déclic fatidique

J’ai fait deux runs, puis trois, puis quatre. J’ai joué dans tous les sens, passé des heures à faire du multi, des heures à rejouer le DLC Citadelle. Je ne parvenais pas à décrocher, un peu comme une droguée en manque. Cette univers me faisait vibrer. J’étais incapable de lâcher prise. Puis, ça a fait « schboum là-dedans » comme dirait Raymond Stantz dans SOS Fantômes. J’avais la possibilité de prolonger mon aventure avec des personnages qui m’avaient fait passer par une multitude d’émotions : écrire une fanfiction.

Take Her Back, mon grand amour…

Ça devait être court, j’ai encore le plot de base. Une vingtaine de chapitres, pas plus, juste le temps de retrouver Shepard, de lui rendre sa mémoire (vous noterez que l’amnésie est un gimmick chez moi) et lui permettre de continuer sa relation avec Garrus Vakarian, avoir une paisible retraite, tout le tralala.

Rien de bien grandiose… Ça, c’était jusqu’à que mon imagination parte un peu en freestyle et me laisse avec 98 chapitres sur les bras (et un peu plus de 500 k mots). 98 chapitres écrits, le reste c’est encore en outlining. Cette fanfiction, elle s’appelle Take Her Back (et c’est entre autres la raison de la présence du T. dans mon pseudonyme d’auteure, en plus d’être un rappel à mon prénom) et j’ai pris beaucoup beaucoup de plaisir à l’écrire.

Le pull trop petit

Sauf qu’au bout d’un moment, à force de créer des espèces aliens, des personnages, des systèmes politiques, Mass Effect et son carcan, son histoire, son lore commençait à me donner la sensation de ces pulls qu’on a quand on est gosse, qu’on aime trop, qu’on porte encore par nostalgie ; c’est chouette, mais au bout d’un moment, ça coince.

Il a fallu que je me pose, un moment, que je réfléchisse : est-ce que j’allais me lancer dans la création d’œuvres originales, moi, l’auteure de fanfiction par excellence ? Parce que j’ai commencé à écrire à 12 ou 13 ans, sans jamais écrire autre chose que de la fanfiction (Harry Potter, Naruto, Le Seigneur des Anneaux…). Est-ce que j’en suis seulement capable ? Légitime ? Cette question de la légitimité, d’ailleurs, je pense que j’en ferai un court billet.

J’ai décidé de relever le défi et ça a été le saut dans le vide. Sans filet de sécurité, parce que je n’avais aucune idée de comment on pouvait bien entreprendre une transition d’une fanfiction à un univers original.

Tabula Rasa ou une autre histoire de la transition de la fanfiction à l’univers original

Faire table rase du passé… Passer d’une fanfiction à un univers original, c’est carrément possible, n’est-ce pas ? Après tout, des exemples on en a des tas… Mais quels exemples… ! Cinquante Nuances de Grey, After… Des fanfictions Twilight ou One Direction dont il est si facile de se défaire rien qu’en changeant des noms.

Mais qu’en est-il quand on est complètement impétrée dans un univers ? Que notre histoire est parcourue de tant de références que simplement changer des noms serait complètement ridicule ? C’est simple, il faut tout gommer. Genre absolument tout. Quelque soit le niveau d’importance dans la fanfiction, les références qui viennent de l’œuvre de départ se doivent de disparaître. Les raisons sont évidentes : droits d’auteurs et de propriété intellectuelle).

C’est quoi, le plus gros défi ?

Ce n’est même pas tant de construire un univers original, mais d’être capable de repérer les trop grosses ressemblances. Il faut avoir assez de recul pour s’interroger ; est-ce que ce détail dans l’histoire pourrait être considéré par celles et ceux qui connaissent l’univers de départ comme un clin d’œil ? Ou alors est-ce une copie ?

Par exemple, pour EA, je ne m’en cache pas, les circuits imprimés verts sur la peau des personnages augmentés sont une référence à la fin Synthèse de Mass Effect. Mais, la cause n’est pas là même. Là où dans Mass Effect c’est une fusion entre le synthétique et l’organique, dans EA, ces circuits imprimés n’apparaissent que lorsque l’humain qui s’augmente le fait un peu trop : son corps affiche donc la marque des implants (spoiler alerte ; si vous enlevez tous les implants, les circuits imprimés disparaissent).

Le marathon de l’espace

Mass Effect n’est pas parfait. J’ai des reproches à faire au jeu (le traitement psychologique des traumas de Shepard est digne d’un steak tartare qu’on passe au four), mais son imperfection est ce qui m’a permis de créer, d’imaginer.

Créer un univers original, on sait tous et toutes à quel point c’est long, fastidieux (mais pas insurmontable). Pour moi, qui ai eu l’occasion de créer un autre univers (celui des Liens du Calice) de A à Z, j’ai trouvé l’exercice beaucoup moins compliqué que de transformer la fanfiction en univers original.

Mais complication ne veut pas dire détestation, loin de là ! Au contraire, j’aime ce que je fais actuellement avec Éphémérides Astrales. D’autant que le domaine de la science-fiction me permet de faire beaucoup de choses. Mon écriture, sur EA, je l’appelle affectueusement, le marathon de l’espace. Je n’ai pas de recette miracle à proposer ; il faut nettoyer tout ce qui a trait à l’univers de base, construire un univers, réadapter possiblement le scénario, s’assurer qu’il tienne bien la route.

Les trop nombreuses questions à revoir

Pour passer de Take Her Back à Éphémérides Astrales, j’avais plusieurs points d’univers très important à créer :

  • À la fin de Mass Effect 3, j’avais choisi la fin Synthèse. Une pirouette scénaristique pas du tout canon (et certainement très cagneuse) m’avait permis de dire « houlala Shepard est en vie ! » (si seulement…) Sauf qu’exit la grande menace d’extinction dans EA (ou pas) venu d’une antique race de machines. Exit le grand sacrifice final (ou pas). De là découle une autre question : comment pousser un équipage à partir à la recherche de son ancien crewmate ? Il y avait beaucoup de choses à définir, et je perdais l’appui réconfortant de Mass Effect pour ça.
  • Shepard, c’est l’héroïne full charismatique que tout le monde aime. Mais comment faire aimer mon O’Brian au public ? Question d’autant plus importante qu’il n’y a pas de jeu pour ça.
  • Quel est son passé, à cette O’Brian ? D’où vient-elle ? C’est quoi son parcours, ses affinités, ses relations ? Comment elle en est arrivé là, à avoir toutes ses blessures, ses traumas ? Comment faire de cette jeune fille qui est dans ma tête, une héroïne ?
  • L’équipage, bordel ! Je devais me demander s’il y avait déjà eu un Premier Contact ou pas, si l’équipage pouvait déjà être composé d’aliens ou pas (comme Star Trek).
  • Et j’en passe et des meilleures.

À chaque fois, l’exercice était le suivant : m’assurer que les références à ME étaient bien gommées et ne pas faire de mon Eireann O’Brian une pâle copie du Commandant Shepard.

Et sinon ? La conclusion ?

Il n’y a pas vraiment de conclusion à ce genre d’article. Je suis beaucoup d’auteurs et d’autrices qui écrivent des fanfictions, beaucoup ne parle jamais de quitter l’univers de base de leur fanfiction, d’autres y songent. J’ai d’ailleurs moi-même un quatre-mains avec Onir Ynao issu de Vampire La Mascarade, et nous avons rapidement décidé de transitionner à l’univers original avant d’être trop empêtrées dans la fanfiction.

Car, si j’ai adoré faire cet exercice avec Take Her Back (exercice qui n’est pas encore fini), je n’aurai clairement pas l’énergie de le faire de nouveau. Pour autant, si un jour vous avez envie de transformer votre fanfiction en univers original, je n’ai qu’une chose à vous dire : foncez ! Et voyez le point positif primordial : ce scénario qui vous trottait en tête depuis des années et que vous avez éprouvé à travers une fanfiction, il ne demande qu’à être sublimé avec cette petite transition.

En tout cas, si vous êtes curieux du travail final, vous pouvez toujours aller lire le premier tome de la prélogie d’Ephémérides Astrales, Le Raid de Mars (en ligne sur Wattpad, Scribay et Plume d’Argent), mais aussi le travail de Céline Nana, avec Allégeance sur Wattpad.

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